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10 Décembre 1992

 

La presse fait état de la création d’Artemis, qui s’intercale entre Financière Pinault et Pinault SA qui est en passe de devenir Pinault Printemps. Pour beaucoup d’analystes « l’opération s’apparente alors à une tentative de sauvetage du groupe privé par le Crédit Lyonnais : avec un endettement supérieur à 19 milliards de francs, Pinault est alors dans une situation financière difficile »[1] .

La création d’un holding intermédiaire fait partie du système de « poulies bretonnes » dont les capitaines d’industrie bretons protégés du Crédit Lyonnais sont spécialistes.

Artemis est une coquille juridique qui était détenue par le  Crédit Lyonnais.

Clinvest apporte 1,718 milliard de francs de cash et 700.000 actions Pinault. Financière Pinault apporte 1 milliard de cash et 11,1 millions d’action Pinault. Clinvest apporte ses actions au cours de bourse, soit 330 F. Financière Pinault apporte ses actions avec une prime de 50% à 480F. 

Pinault Printemps en contrepartie de ses apports détient    75,5% of Artemis.  Altus détient  24.5% of Artemis.

Les commissaires aux apports, René Ricol et Georges Barthès de Ruyter, indiquent dans leur rapport à propos de cette prime de contrôle que «  La détermination de son montant, que nous ne sommes pas en mesure d’apprécier et donc de valider, relève par nature de l’accord des parties »[2].

 

La presse  indique

 

Il y a bien un projet – non abouti – de coopération entre François Pinault et Jean François Hénin, directeur général d’Altus Finance. Celui-ci s’est engagé récemment dans une opération audacieuse, mais en passe de réussir : le rachat pour une valeur de 3 milliards de dollars du portefeuille de junk bonds (obligations à haut risque) du groupe d’assurances américain Executive Life, alors dans une situation financière critique. Par l’intermédiaire de junk bonds émis par des entreprises industrielles, Altus peut se trouver actionnaires d’entreprises, après conversion de ces titres en actions. Comme la législation américaine interdit à une banque commerciale de prendre le contrôle dans des compagnies industrielles, on comprend l’intérêt de l’opération envisagée.

François Pinault aurait-il aujourd’hui l’intention d’explorer un nouveau domaine d’activité en collaboration avec le Crédit Lyonnais ? Jusqu’à maintenant, on avait seulement déduit du soutien apporté par la banque au groupe Pinault qu’il s’agissait d’une application type de la stratégie de « banque industrie » à l’allemande du Crédit Lyonnais. En effet, outre sa participation de 24,5% dans Artemis, l’établissement du boulevard des Italiens est aussi présent à 20% dans Financière Pinault. En attendant, les analystes restent perplexes quant à la géométrie variable du groupe Pinault [3].



[1] Thierry Gadault, Histoire d’un rachat qui a mal tourné, Nouvel Economiste, 19 au 25 décembre 2003, p.2

[2] Roche, op. cit. p. 109

[3] Chantal Colomer et France Manhes, Pinault s’offre un nouvel outil de développement, Artemis, La Tribune Desfossés, 10 décembre 1992, p. 8

 
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