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DEVELOPPEMENT DU CAPITALISME SANS CAPITAL

Des entrepreneurs arrivent à être en fait propriétaires de leur entreprise par des montages qui reposent sur une contribution limitée aux fonds propres de l'entreprise. 

Les "poulies bretonnes", qualifiées aussi de "poupées russes",  sont l’emblème du développement d’un capitalisme sans capital

Banques et assurances viennent en minoritaires aux différents niveaux, et acceptent ce rôle sans mettre en place des mécanismes de sortie les associant pleinement aux plus values. De façon générale ce sont principalement  les banques, alors nationalisées, et en particulier le Crédit Lyonnais et des institutions à capitaux publics qui participent à ces montages.

Des échafaudages avec des cascades de holding permettent de démultiplier la contribution ultime de la personne physique. L'exemple type  est celui de Vincent Bolloré qui en 1988 constitue une cascade de six holdings. Il détient 60% de Finfranline, qui possède 51% d'Omnium Bolloré, qui possède 51% de la Financière V (comme Vincent) qui possède 51% de Sofibol (comme Bolloré), qui possède 51% de la Financière de l'Odet, qui possède 51% d'Albatros   Investissements, qui possède enfin 40% de Bolloré Technologies (cf. Raulin et Lecadre, Vincent Bolloré, p. 111). Ce montage a été appelé les "poulies bretonnes" et permet à Vincent Bolloré avec 50 millions de francs, soit 1,3% du capital de Bolloré Technologies, d'avoir tout pouvoir sur un groupe de 3 milliards de francs de capitalisation boursière.

Dans le cas de Bernard Arnault Groupe Arnault contrôle 85,6% de Financière Agache, qui possède 98,6% de Bon Marché Holding, qui contrôle 58,9% de Christian Dior, qui contrôle 100% de Financière Jean Goujon, qui possède 42,5% de LVMH.

En 1991 la cascade de holding comptera 11 étages.

En 1989 Jean Charles Naouri montera sa propre pyramide, qu'il croisera avec  celle de Bolloré : Vincent Bolloré met 100 millions de francs dans un holding du haut de Jean Charles Naouri, qui deviennent par le biais de la cascade 400 millions dans le holding du bas, qui sont aussitôt réinvestis chez Bolloré (Raulin et Lecadre, op.cit. p. 115)

Ces montages non seulement permettent de multiplier l'effet des capitaux limités de l'entrepreneur, mais aussi de jouer entre les holdings personnelles et les différents niveaux lors de transferts d'actif. (cf. par exemple Stéphane Marchand, La guerre du luxe, p. 86 et s. en ce qui concerne le groupe Arnault).

Ils rendent par ailleurs opaque la situation financière réelle du groupe. Les sociétés en haut des cascades sont en effet souvent très lourdement endettées, les dettes à leur niveau ayant été "transformées" en fonds propre aux niveaux inférieurs.

 

 

 

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